Une vaste équipe multidisciplinaire dirigée par Sélim Louafi, chercheur associé à la Chaire DDSA et Mathieu Thomas, s’est penché sur la question des stratégies de gouvernance pour assurer une plus grande diversité des semences dans le cadre du projet COEX, financé par une importante subvention de la Fondation Agropolis. Le comité de pilotage de ce projet, dans lequel Morgane Leclercq, professionnelle de recherche à la Chaire DDSA s’est impliquée, était composé d’organisations paysannes d’Afrique de l’Ouest provenant du Mali, du Niger, du Burkina Faso et du Sénégal, et de chercheurs de différentes disciplines. Les résultats du projet CoEx sont le produit d’une collaboration entre praticiens, juristes, généticiens, géographes, ethnologues, écologues, économistes et informaticiens.
Le projet partait du constat que la diversité des cultures est un atout essentiel pour l'innovation, mais qu’une inadéquation institutionnelle s’observe entre les politiques et les réglementations, d'une part, et la diversité des pratiques de gestion de la diversité des cultures, d'autre part. La nécessité de dépasser l'opposition habituelle entre les systèmes de semences formels/commerciaux et informels/agricoles constituait ainsi l’une des lignes directrices du projet. L'ambition générale de ce projet CoEx était d'améliorer notre compréhension de l'écart entre les politiques et les lois sur les semences et les ressources génétiques, et les pratiques de gestion de la diversité des cultures (GDC), et de proposer des mécanismes de gouvernance innovants qui tiennent mieux compte de la diversité des pratiques GDC.
Basé sur un partenariat multi-acteurs et une approche multi-niveaux, CoEx comprenait trois composantes complémentaires. Le premier volet a permis de décrire la diversité des politiques, des mécanismes institutionnels et des perceptions des acteurs en matière de semences et de pratiques de GDC aux niveaux international, régional (Afrique de l'Ouest), national (Sénégal, Burkina Faso, Mali et Niger) et infranational.
La deuxième composante s’est concentrée sur la diversité des pratiques de GDC, en documentant : (i) à l'échelle de l'Afrique de l'Ouest, les sources utilisées par les agriculteurs pour s'approvisionner en semences en fonction de la culture et des variétés ; et (ii) comment les mouvements de semences sont intégrés dans les réseaux sociaux à l'échelle locale. Les deux premiers volets sont complémentaires et leur comparaison devait permettre de mettre en évidence de manière empirique les écarts entre les politiques et les pratiques.
Les divergences ont été discutées dans des forums multi-acteurs et la troisième composante a développé des mécanismes de gouvernance innovants pour la coexistence de différentes pratiques GDC, avec une collaboration étroite entre la recherche, les différents utilisateurs finaux et les gestionnaires de collections ex situ. Les politiques de semences et les mécanismes de régulation ont été caractérisés du niveau international et au niveau local, et le processus institutionnel de leur établissement et de leur mise en œuvre a été analysé. De nouveaux espaces de dialogue entre les différents acteurs impliqués dans la gestion de la diversité des cultures ont été mis en place.
Ce projet fut soutenu par la Fondation Agropolis sous la référence 1603‐002 à travers le programme "Investissements d’avenir" (Labex Agro: ANR‐10‐LABX‐0001‐01)
Pour consulter le site internet du projet, cliquez ici.